L'auteur

L'illustration visuelle a toujours été un outil très utile pour communiquer. Dessins, croquis, schémas... font passer l'information très efficacement.
Quotidiennement, nos yeux sont sollicités, attirés par des illustrations, sans même que nous nous en rendions compte, dans les magazines, publicités, plaquettes, livres, internet, présentations professionnelles, outils pédagogiques.
Mais on oublie trop souvent que derrière une illustration, il y a un illustrateur. Il s'est formé, a développé un style, a réfléchi aux messages qui passaient à travers ses créations, s'est documenté.
Ce métier est trop peu reconnu, et cet espace est là pour contribuer à le mettre en valeur.

 

L'auteur:
Constatant que, sur la région grenobloise, il n'existait pas de lien entre les talents locaux et les clients potentiels, j'ai créé en 2003 l'agence Caravan. Son but est de mettre en relation les demandeurs d'illustrations et les illustrateurs, en privilégiant le rapport humain et la possibilité de se rencontrer facilement.
Je m'appelle Corinne Bouchon. Je travaille dans la communication d'entreprise depuis 20 ans.
Pour me contacter, c'est ici.

Si vous aimez :

Samedi 16 juin 2007

Voici le constat d'un illustrateur sur le sujet :

"Aujourd'hui, les collectivités locales ne peuvent plus séparer les demandes pour les illustrations et les maquettes de la fabrication. En gros, je ne reçois plus que des appels d'offres où ma part de travail représente un dixième du budget global (demande de devis pour illustration, mise en page et fabrication d'un dépliant A4 imprimé à 40 000 exemplaires). Ca veut dire que les collectivités vont devoir systématiquement regrouper les 3 postes. Et que je dois me transformer en commercial et passer mon temps dans les paperasses administratives, les demandes de devis et le suivi de fabrication.
Ca veut aussi dire que je devrais faire un chiffre d'affaires monstre "gonflé artificiellement" par la soutraitance, donc TVA, taxe professionelle, changement de régime fiscal, augmentation des charges... pour un bénéfice ridicule. Je vous laisse imaginer la part que représente mon poste sur un A4 imprimé à 40 000 ex!!
Qu'est ce que vous en pensez? Y a t-il d'autres illustrateurs dans mon cas? Quelles sont les solutions? Merci a tous.
Boris "

Mon avis sur le sujet :
Je rejoins tout à fait Boris sur ce thème. On nous demande en fait de coordonner des métiers qui ne sont pas les nôtres. J'ai eu pour ma part une demande encore plus vaste : illustrations, mise en page, impression, traduction, reportage photographique, convocation de figurants, réalisation d'un "petit" film et musique ! Soit je répondais au lot entier, soit mon offre d'illustration + mise en page seules était irrecevable.
La collectivité ne veut qu'un interlocuteur, cela veut dire que c'est l'illustrateur qui passe commande aux soutraitants, prend les risques en cas de problème et fait l'avance de trésorerie. L'illustrateur devient chef de chantier, banquier, assureur et comptable (entre autres).
Ma solution ponctuelle et pas idéale du tout :
- Je réponds uniquement sur les postes qui me concernent et argumente le refus de la prise en charge des autres postes. (Je dis non, mais j'explique pourquoi, et si je peux, je propose des solutions)
- Je ne réponds pas et consacre ce temps à trouver des clients raisonnables.
C'est peut être un peu réducteur, mais pour que mes lecteurs qui ne sont pas dans la partie comprennent notre désarroi, voici un exemple de ce que nous voulons dire :
Depuis quand dit-on au vendeur de pizzas du coin de la rue, dans sa camionnette :
"Ce sont vos pizzas que l'on veut car elles sont très bonnes. C'est pour un congrès de 500 personnes qui se déroule demain, prévoyez la vaisselle, la salle, le personnel, le spectacle, tout le monde doit être servi en même temps. Ah, pensez aux boissons aussi, et au nettoyage après. Pour le réglement, ce sera dans 90 jours au mieux. Si vous ne pouvez répondre à cette superbe offre (c'est la chance de votre vie !), sachez que nous serons très déçus et ne viendrons plus le dimanche vous acheter les 2 Napolitaines succulentes qui ravissent nos enfants. Nous dirons en plus aux voisins que vous ne jouez pas le jeu. A bon entendeur, salut !" 
J'entends d'ici le pizzaïolo répondre faiblement : "Mais, je ne suis que pizzaïolo !" et l'illustrateur fait de même : "Mais je ne suis que illustrateur !"
Nous attendons vos commentaires.
En attendant, vous pouvez aussi voir l'article tout aussi désespérant sur les appels d'offres qui demandent à plusieurs agences ou personnes une maquette complètement terminée avec la proposition financière, sans garantie que le travail sera choisi et donc payé, et sans garantie qu'il ne sera pas pillé. C'est ici.
Par Corinne - Publié dans : Le métier d'illustrateur
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Commentaires

j'ai eu à peu près la même histoire il ya peu, avec une communauté de communes qui voulait la totale : graphisme + impression pour affiches, encarts de bus, panneaux decaux, cartes postales, t-shirts... et en prime, pour des quantités pas franchement réalistes à mon humble avis : 300 cartes postales, par exemple, ça a de quoi faire rire n\\\'importe quel imprimeur...
alors j\\\'ai réfléchi quelques jours, je me suis dit au final que c\\\'était beaucoup de risques pour pas grand chose, et beaucoup de temps et de temps passé à faire autre chose que mon boulot... du coup j\\\'ai appelé pour dire que je ne pourrais pas y répondre, en prenant le temps d\\\'expliquer pourquoi.
quelque part j\\\'ai du bol, je m\\\'en tire à peu près correctement avec des clients sympathiques et des demandes à "taille humaine", donc rien ne me pousse à répondre à une demande quand je la trouve clairement "dangereuse". pour l\\\'instant...
ce qui ne m\\\'empêche pas de trouver ce système de lots plutôt pénalisant, handicapant, et même, (allez, je "politise" presque) précarisant, quand il s\\\'agit de faire endosser de gros risques notamment financiers au modeste illustrateur-pizzzaïolo...
Commentaire n°1 posté par Rémi le 17/06/2007 à 22h55

@ Rémi : Pour nous consoler, sachons que les clients potentiels "collectivités locales" sont tout autant désespérées que nous face à cette obligation. Rédiger un cahier des charges complet, pour eux, devient un casse-tête, ainsi que le tri des réponses. Comparer ce qui n'est pas comparable, on sait ce que cela veut dire depuis l'existence des torchons et des serviettes.


Que faire ? Oui, expliquer la raison du refus de répondre, c'est essentiel. Ne pas hésiter à parler de "danger" aussi, même si celà peut paraître négatif. C'est même une preuve de professionnalisme, car on montre que l'on sait de quoi on parle. Et qu'on ne refuse pas par peur d'avoir trop de travail, mais par peur que le travail ne soit pas bien fait.


Heureusement que tous les clients ne sont pas soumis à de telles contraintes, et restent à taille humaine. Ils deviennent toutefois de plus en plus rares. J'espère me tromper.

Commentaire n°2 posté par Corinne le 01/07/2007 à 19h47
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